14/12/2005
Militantisme électronique, par Patrick Jarreau
Je suis retombé sur cet article de Patrick Jarreau, qui m'avait bien interpellé.
Qu'en pensez-vous?
Les adhérents de l'UMP sont donc invités à participer à un "congrès virtuel" pour modifier les statuts de leur parti. C'est la dernière innovation de Nicolas Sarkozy à l'heure où nous mettons sous presse. Le ministre de l'intérieur, président de l'UMP, a trouvé ce moyen de faire des économies, en évitant les dépenses qu'entraîneraient des assises dans un palais des congrès ou un hall d'exposition, avec tribune, sonorisation, service d'ordre, restauration et frais de déplacement des délégués. Le vote par Internet lui permet aussi de priver ses adversaires ou concurrents éventuels d'un podium où prononcer des discours à l'usage des militants et des médias.
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Reste la question du militantisme électronique. Qui est aussi celle du militantisme tout court. Les partis démocratiques se sont formés au début du XXe siècle en Europe et en Amérique. Leurs modes de fonctionnement ont été fixés, au moins pour ce qui est des principes, il y a parfois un siècle. Pour une large part, c'est le modèle de gauche qui s'est imposé, peu à peu, aux dépens des comités d'élus de la droite conservatrice ou modérée et du monolithisme dictatorial des formations totalitaires. Les gaullistes, qui se sont toujours présentés comme un "rassemblement", refusant le terme même de parti, ont fini par adopter, dans les années 1990, le droit de tendance, jusque-là propre aux socialistes, puis l'élection du président de leur parti par les militants. Voilà maintenant que l'UMP envisage de leur confier aussi la désignation de son candidat à la tête de l'Etat.
La clé de ces évolutions est simple. Les candidats ont besoin de militants pour se faire élire. Quelle part de pouvoir sont-ils prêts à leur concéder en échange du temps passé à faire campagne, à convaincre, à distribuer des tracts, voire à coller des affiches là et quand cela est permis ? Pour susciter adhésions et engagements, il ne suffit plus de faire des promesses ou d'incarner avec talent un idéal commun. Les militants veulent avoir leur mot à dire. Ils veulent que leurs préoccupations soient prises en compte. Le désenchantement par rapport aux responsables politiques oblige ceux-ci à reconquérir la confiance de leurs partisans en les écoutant davantage ou en leur donnant le sentiment qu'ils participent plus qu'auparavant à la définition des programmes et aux choix des personnes. Sinon, le risque est que les partis ne soient plus que des groupements d'élus entourés d'aspirants à l'élection, selon une formule appliquée autrefois au PS. Voire des féodalités réunissant des clientèles autour de potentats locaux, ce qui serait plus proche de la réalité d'aujourd'hui dans les formations de gauche et de droite.
Heureusement, la compétition entre les dirigeants les amène à rechercher de nouvelles recrues, pour se renforcer les uns au détriment des autres.Nicolas Sarkozy ne se donnerait pas tant de mal pour augmenter le nombre de membres de l'UMP s'il n'avait pas besoin d'assurer sa position contre des adversaires actuels ou probables. Au PS, face aux chefs de courant, François Hollande fait appel aux militants en se présentant comme leur élu - ce qu'il est - ou en organisant un référendum, ce qu'il a fait pour trancher, en décembre 2004, le débat sur la Constitution européenne.
L'interactivité que permet Internet offre de nouveaux moyens pour associer les militants à la vie de leur parti. Aux Etats-Unis, à la fin de 2003, les primaires pour la désignation du candidat démocrate à la présidence ont vu surgir un candidat issu de l'Internet. Howard Dean, ancien gouverneur du Vermont, a surpris tout le monde en arrivant en tête des sondages grâce à la mobilisation des "vrais" démocrates, désireux de se réapproprier leur parti après avoir subi le recentrage qui avait permis à Bill Clinton d'être élu deux fois à la Maison Blanche. Ce qu'on a appelé l'"insurrection" de la gauche démocrate s'est exprimé à travers les réseaux électroniques, pourvoyeurs d'idées, de convivialité et de dons aux caisses de campagne. Cependant, la vague Dean s'est brisée sur les scrutins réels, quand les électeurs démocrates ont été appelés à départager les candidats à la candidature. Il est apparu alors que l'Internet avait soudé autour de Howard Dean un militantisme très motivé et très actif, mais qui contribuait à l'éloigner des aspirations de la majorité des électeurs indépendants et d'une bonne partie des électeurs démocrates.
Le militantisme traditionnel, celui des congrès, des réunions de section et des préaux d'école, ne suffit plus à attirer de nouvelles recrues vers l'engagement actif. Pour franchir la frontière qui sépare le monde politique des simples citoyens, les partis cherchent de nouvelles formes de communication. L'Internet en est sûrement une, mais c'est un instrument qui peut favoriser la constitution de réseaux fermés plutôt que l'échange avec la société réelle.
07:20 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Politique
26/11/2005
Sondages politiques sur Internet : prudence, prudence...
Les sondages sont déjà à prendre avec des pincettes lorsqu'ils sont représentatifs de la population française, mais leur accroissement sur de nombreux sites web incite à davantage de prudence dans l'analyse des résultats.
Au minimum 3 biais peuvent intervenir et sont à prendre en compte :
- Biais média
- Biais d'intérêt
- Biais support
Le profil de l'internaute moyen en France tend à se rapprocher du français moyen, mais le compte n'y est pas encore.
D'après les chiffres clés synthétisés par le Journal du Net, on se rend compte qu'au dernier trimestre 2004 :
- 54% des internautes sont des hommes alors qu'ils ne sont que 48,2% en France
- les 50 ans et + représentent moins de 20% des internautes alors qu'ils sont près de 40% en France
- 34,4% des internautes sont des CSP+ (Catégories Socio-Professionnelles +) contre 20,8% en France
Une fois ce biais "média" pris en compte, il faut également considérer que les internautes qui consultent des sites ou des blogs politiques ont également un profil différent de l'internaute moyen : plutôt masculin, urbain, "aisé",...
Deuxième biais donc.
Enfin, il convient également de prendre en compte le profil de visiteurs du site sur lequel le sondage est accessible. Chaque site pouvant avoir des cibles bien distinctes, malgré une teinture éditoriale très proche, ce troisème biais ne doit pas nous échapper.
Cela m'a notamment marqué sur des sondages liés au dernier Congrès du Parti Socialiste fin novembre. Les sondages de Libération, avec près de 10 000 répondants et du blog Motions Socialistes (avec seulement 646 répondants, mais très ciblés PS) avaient recueilli des résultats bien différents de la réalité.

Dans ce cas précis, je pense qu'il serait intéressant de se pencher sur :
- les résultats de la motion 4 sur le sondage de Libération. Cette motion représentant l'aile très à droite du PS (d'inspiration blairiste), il peut être étonnant de la retrouver à 17% pour les lecteurs de Libé alors que les adhérents du PS ne l'ont crédité que de 0,7%... Quel biais a ici été le plus influent?
- Sur le blog Motions Socialistes, on peut noter dans les résultats du sondage le très bon score de la motion 5 (A.Montebourg, V.Peillon,...) et le tollé de la 2 (Fabius / Mélenchon). Là encore, quelle analyse en déduire...?
N'hésitez pas à donner votre avis sur cette question, à l'heure où de plus en plus de sites et de blogs insèrent des modules de sondage dans leurs pages.
A noter enfin, le questionnaire proposé par Science Politique.net, afin d'en savoir un peu plus sur vous autres, internautes intéressés par la politique.
14:45 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : Politique
13/11/2005
Nouveau site du PS : l'analyse
Quelques jours après son lancement, il est temps de procéder à une petite analyse du nouveau site du Parti Socialiste. Anne-Catherine Franck, responsable de la communication du PS, indique que le site "n'a pas encore atteint sa vitesse de croisière". L'internaute lambda ne lisant pas forcément son message et les premières impressions étant souvent les plus importantes, il me semble quelque peu risqué de lancer un site qui ne tourne qu'à 60-70% de ses capacités...
Dés l'arrivée sur le site, on se rend compte que la page d'accueil gagne clairement en lisibilité et en simplicité par rapport à la précédente version, qui n'était qu'une liste de contenus étalés sur plus de 6 écrans...
Le pavé "A la Une" permet distinctement de prendre en compte l'info prioritaire du moment. Dommage que l'on ne puisse pas cliquer sur l'accroche et/ou le titre, plutôt que d'utiliser le petit lien "suite"...
Comme dans la précédente version, la structuration des contenus est difficile à appréhender : "les dossiers", "en bref", "les communiqués", "A la Une" constituent autant d'entrée qui n'ont pas de sens pour le visiteur. Une rubrique "Actualités" ou "news", remontant les différents contenus et les segmentant par sujet plutôt que par type serait je pense plus efficace. Faute d'avoir fait ce choix, la partie centrale de la homepage reste donc quelque peu brouillonne.

La navigation dans le site se fait ensuite via 3 entrées : le PS, les Thèmes, les Fonctions. Au-delà du fait que l'intitulé "les Fonctions" me semble bien peu adapté à ce que l'on retrouve derrière, cette segmentation en 3 parties est assez limitée et ne suscite pas forcément l'envie...
=> On a quand même l'impression qu'une fois de plus, on ne se soit pas placé du point de vue de l'utilisateur, mais du point de vue de l'émetteur.
Pour aller plus loin, voici mes + et mes - concernant cette nouvelle version.
Les +
- page d'accueil bien plus aérée que sur la version précédente
- prise en compte des fils RSS
- moteur de recherche assez visible et qui semble performant
- prise en compte (même si ce n'est que prochainement) de forums thématiques, de blogs,...
Les -
- aucune prise en compte des différentes cibles potentielles (visiteur, sympathisant, adhérent,...)
- aucune "mise en relation" : pas de "contactez nous", pas de FAQ, pas de plan du site, pas de rubrique "aide",...
- un site qui "n'ouvre pas sur le Parti" : aucune info sur les procédures d'adhésion (encore moins en ligne), aucun lien vers les sites des fédérations,...

- des règles d'écriture web pas du tout respectées : titres qui ne donnent aucune info (ex : "expulsion d'etrangers", "fonds d'indemnisation",...), dates invisibles en page d'accueil, champs parfois inutiles,... Je demanderai prochainement à Joël Ronez, spécialiste en écriture web, son avis sur le site.
- un espace privé très frustrant : on ne sait pas a priori ce que l'on retrouvera une fois identifié et une fois identifié, tout ou presque est inaccessible...
- des espaces contributifs (forums, blogs, chats,...) inactifs, alors que le lancement de cette nouvelle version aurait été un bon moyen de les valoriser
- un site qui reste faible en terme d'utilisation d'outils multimedia : pas de vidéo, de flash,...
- une très faible complémentarité avec les autres supports en ligne du PS, qu'ils soient en ligne (site du Projet, site du Congrès,...) ou papier.
14:40 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Politique
26/10/2005
Comment gère-t-on l'adhésion sur les sites des partis politiques?
Les partis de gauche et de droite gèrent leurs processus d'adhésion de manière très différente, y compris dans leur mise en valeur sur le web.
A droite, cela va du .pdf à imprimer et renvoyer accompagné d'un chèque aux modalités très complètes offertes par l'UMP. Pour chacun des grands partis, les tarifs des cotisations sont clairement indiqués.
L'UDF propose en effet de remplir un document d'adhésion, en spécifiant le type de cotisation souhaité (cela va d'ailleurs de 10 à 40 euros pour une cotisation simple) et de le renvoyer avec un chèque. Le MPF en fait de même, avec une adhésion spéciale présidentielle qui permet aux intéressés de payer jusqu'à 150 euros maxi...
L'UMP, qui a décidé il y a quelques mois de booster son nombre d'adhérents, offre 5 moyens d'adhésion :
- en ligne
- par courrier (.pdf à remplir + chèque)
- par SMS
- par téléphone (0,15 euros la minute)
- par contact direct avec la fédération souhaitée
A gauche, les choses sont assez différentes et les process d'adhésion semblent bien plus opaques... Que ce soit au PS, au PCF ou chez les Verts, on retrouve toujours la même logique : un simple formulaire de saisie de coordonnées (nom, prenom, adresse, telephone, mail) à remplir en ligne, afin d'être contacté ultèrieurement par une fédération.
Du coup, aucun prix n'est clairement indiqué; ce qui peut constituer une véritable barrière à l'entrée.
Les prochaines versions de sites, ainsi que les prochaines échéances internes à gauche, permettront peut-être d'améliorer certains aspects.
11:39 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique
13/10/2005
De la fréquence d'actualisation à la régularité des actualisations
Je parlais dans mon dernier billet de la fréquence d'actualisation des blogs politiques. Au-delà de ça, je pense que c'est la régularité des publications qui importe davantage.
Afin de susciter la fidélisation de ses visiteurs, introduire une notion de temporalité via des "programmes", des "rendez-vous",..., dans son blog me semble une bonne voie à suivre, et plus particulièrement encore dans le domaine de la politique.
A ce titre, la démarche entreprise par Dominique Strauss-Kahn depuis hier sur son blog illustre bien mon propos. DSK se propose de lancer tous les 10 jours un sujet sur lesquels ses visiteurs peuvent donner leur avis. Au bout des 10 jours, il intervient à nouveau afin de "conclure et mettre en perspective, en vous disant ce que j'en retiens et ce que cela m'inspire." Premier sujet : "la combinaison de la vie professionnelle et de la vie personnelle"
Au-delà du fond, je trouve cette idée intéressante dans le sens où :
- elle introduit cette notion de "rendez-vous", clairement fidélisante.
- elle remet une dose d'interactivité qui manque trop souvent (ce blog, comme de nombreux blogs politiques, oubliant parfois que le politique se devait aussi d'intervenir dans les débats).
20:22 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Politique
11/10/2005
Blogs politiques : attention à l'actualisation !
La simplicité d'administration des blogs fait que, dans l'esprit de nombreux internautes, la réactivité doit être au rendez-vous. Je partage volontiers ce point de vue et porte un regard particulier à l'actualisation des blogs politiques que je parcours fréquemment.
A mon avis, la question centrale est moins liée à une moyenne de billets par semaine ou par mois qu'à l'attente que l'on suscite chez les visiteurs qui s'habituent à une certaine fréquence d'actualisation.
Je pense en effet qu'il est nécessaire, au lancement de son blog, d'essayer de définir une fréquence de publication prévisible et de s'y tenir.
Deux exemples pour illustrer et compléter ma position :
- le blog de Jack Lang qui, depuis son lancement, publie environ 1 billet quotidien. Espérons pour lui qu'il ne baisse pas trop de régime dans les prochains mois, faute de quoi l'attente suscitée par cette fréquence très élevée pourrait se retourner contre lui... Rappelons-nous que l'internaute est un zappeur par excellence.
- le blog de Julien Dray (tiens, on n'en parle plus trop ces derniers temps...!), qui tournait environ à 20 billets par mois fin 2004 et générait entre 100 et 200 commentaires par billet, a chuté à 4 publications depuis la rentrée pour une moyenne de commentaire par billet divisée par 10 ! Au-delà de la baisse de fréquence d'actualisation, J.Dray n'a rien écrit entre le 31 mars et le 21 septembre, et ce sans en avertir le visiteur...
Deux éléments importants à retenir il me semble :
- Essayer de tenir sa fréquence de publications moyenne
- Prévenir le visiteur lorsque cette fréquence doit évoluer et en donner les raisons (P.Devedjian l'avait d'ailleurs bien fait il y a quelques semaines...). L'internaute est zappeur et peut rapidement vous oublier (surtout les jeunes J.Dray !)
14:56 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : Politique
06/10/2005
Militantisme : Pourquoi ne pas profiter des spécificités du web?
Certains le savent surement : le Parti Socialiste prépare actuellement son prochain Congrès au cours duquel la direction du Parti sera remise en jeu. Pour faire leur choix, les militants peuvent s'appuyer depuis quelques jours sur 5 "motions" qui, sur papier, représentent pas moins de 205 pages !
Comment les 5 "émetteurs" de ces motions utilisent-ils le web pour les rendre plus attractives et plus mémorisables?
Deux uniquement ont choisi de créer un site dédié : la motion Réussir à Gauche (actuelle direction : DSK, Hollande, Delanoë, Aubry,...) et la motion Rassembler à Gauche (Fabius, Mélenchon,...).
1/ Réussir à gauche s'appuie sur un format de blog collectif plutôt intéressant et qui représente environ 75% des contenus actuellement en ligne. 10 blogueurs signataires de cette motion alimentent au fil des jours le blog, en parlant aussi bien de l'actualité que du contenu de la motion. Intéressant à noter néanmoins : aucune "grande figure" (DSK, Lang, Hollande,...) de cette motion ne fait partie de ces 10 blogueurs...
Outre ce blog collectif, le site donne évidemment accès (en .pdf) à l'intégralité du texte de la motion, à un résumé et à une trame (qui ne me semble d'ailleurs pas des plus utiles...). Des argumentaires sont en train d'être ajoutés quasi quotidiennement et un premier niveau de comparatif avec d'autres motions sur certains thèmes voit le jour.
2/ Rassembler à gauche est quant à lui un véritable site (pas d'esprit blog ici). Sans un instant s'attarder sur le contenu, ce site révèle rapidement de nombreux problèmes :
- une structuration des contenus très mauvaise (voir la barre de navigation gauche et ses trop nombreuses entrées...)
- un espace "forum" complètement vide : il aurait été préférable de le lancer plus tard...
- une interactivité avec les visiteurs inexistante : l'espace "exprimez-vous" ne permet que d'envoyer des remarques par e-mail...
Les rubriques "En direct de la motion sortante" et "ils ont dit" sont purement polémiques et ne permettent pas au visiteur de se faire une idée plus précise des caractéristiques de la motion.
La rubrique "Arguments", a priori centrale, est à mon avis bien trop noyée pour que l'on y arrive facilement...
3/ La motion du Nouveau Parti Socialiste fait juste l'objet d'une rubrique spécifique sur le site du courant d'A.Montebourg. Rien de spécial à signaler ici mis à part ce que je signalais dans un précédent billet sur le choix de format du résumé et du texte intégral de la motion. A signaler néanmoins qu'un résumé concis y a été ajouté récemment.
4 et 5/ Les deux dernières motions (Utopia et Jean-Marie Bockel) n'apportent rien de plus en terme de "contenant" bien entendu...
Pour résumer (il est temps !!) :
- une interactivité très limitée, mis à part sur Réussir à gauche qui joue sur le blog collectif
- une difficulté à comparer les positions de chacun des textes : le web offre pourtant des possibilités (voir le site Watchblog sur lequel il serait possible de s'inspirer)
13:18 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Politique
23/09/2005
Contenus volumineux : HTML ou PDF?
Le Parti Socialiste est en pleine révélation des motions qui doivent l'amener à orienter sa politique en vue de 2007.
J'avais récemment un débat sur le format de mise en ligne de ces motions, qui représentent souvent de gros pavés (entre 50 et 100 pages). Exemple pris dans le cadre de cet exemple : la motion de NPS (Nouveau Parti Socialiste) sur son site.
Alors que tous les autres courants avaient choisi de les mettre en ligne au format .pdf, NPS a privilégié la création de plusieurs pages HTML.
Je trouve ce choix plutôt mauvais, compte tenu des 98 pages que représente ce document. La quinzaine de pages web créée ne respecte aucune des principales règles d'écriture web : aucun élément mis en relief, aucune contextualisation, un découpage HTML qui colle strictement au découpage du document papier,... (exemple / autre exemple)
Bref, un document papier "copier-coller" brutalement sur le site.
Il aurait mieux valu à mon avis :
- mettre à disposition le document intégral en .pdf (la lecture à l'écran d'un document si long est quasi impossible, même après un découpage intelligent et un respect des règles d'écriture web), destiné à l'impression. Pour rappel, il est 3 fois plus difficile de lire un document en .pdf à l'écran qu'une page HTML...
- mettre en ligne, au format HTML, une synthèse du document, en mettant en valeur les points clés, en faisant des liens de contextualisation vers d'autres partis du site pour aller plus loin sur un sujet donné,...
Votre avis sur la question?
NB : Depuis peu, une synthèse en .pdf a été ajoutée sur la page de la motion. Bref, le contraire exact de ce que je préconiserais.
16:38 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Politique
17/09/2005
Le site du Parlement Européen : définitivement "grand public" !
Dans un précédent billet sur le site de l'Assemblée Nationale, Hubert me demandait d'effectuer la comparaison avec le site du Parlement Européen, nouvelle version. J'aurai du mal à comparer tellement les différences sont nombreuses; en revanche, rien n'empêche un avis sur ce dernier...
Parcourez rapidement la page d'accueil pour vous rendre compte que nous sommes à 1000 lieues du chaos qui règne sur celle de notre Assemblée : des contenus aérés, des blocs d'informations qui remontent de la partie "Actualités", un nombre de thématiques resséré pour ne pas noyer le visiteur,...
Sur la structure du site, uniquement 5 grandes rubriques, au sein desquelles on peut ensuite descendre dans le détail. Chaque rubrique est découpée de manière quasi similaire (Présentation / En détails / Archives), ce qui permet une navigation très intuitive quelque soit l'endroit où l'on se trouve.

Les fonctionnalités transverses (plan du site, FAQ, Contact, Imprimer) se retrouvent toujours également toujours au même endroit à tous les niveaux de l'arborescence.
La gestion et la mise en valeur des news est parfaite : remontée de blocs d'infos avec titre, date, accroche, thématiques,...

Si l'on s'attarde maintenant sur le contenu, il semble que l'équipe qui a travaillé sur ce site s'est bien posée les 2 questions à ne jamais oublier :
- A qui l'on s'adresse?
- Dans quel but le fait-on?
A voir les homes de rubriques, il est évident que l'on s'adresse au citoyen européen lambda. Démonstration à partir de 2 rubriques :
- La rubrique "Le Parlement" ouvre directement sur un message du Président Borrell souhaitant la bienvenue au citoyen européen et lui retraçant succinctement le rôle du Parlement dans le contexte actuel. Les intitulés des sous-rubriques sont tout autant explicites sur la prise en compte de la cible : "Découvrir le Parlement" et "Le Parlement et vous".
- Ce sentiment d'adéquation à une cible Grand Public se retrouve également au niveau de la rubrique "Vos députés", qui ouvre directement sur une carte permettant de retrouver ttrès simplement les élus de son pays.
En conclusion, tant au niveau du contenu que de la manière dont il est mis en valeur, le site du Parlement est bien plus accessible au Grand Public, ce qui devrait être également le cas du site de notre Assemblée Nationale.
Bravo !
08:45 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Politique
16/09/2005
Vite ! Un site pour l'Assemblée...
Suite à une overdose de blogs (!), je me suis ce soir replongé dans une occupation d'un temps lointain : surfer sur des sites internet...Après avoir failli reprendre mon analyse des sites des 10 plus grandes villes françaises (j'y reviendrai prochainement), je suis malheureusement arrivé sur le site de l'Assemblée Nationale.
Avant de franchir la porte, qu'est-ce que j'en espérais?
- De la clarté tout d'abord, afin d'inciter les citoyens à en savoir un peu plus sur la Chambre qui vote nos lois...
- Un agenda permettant de savoir qu'est-ce qui va être discuté dans les prochains jours et quels ont été les derniers votes
- La composition de l'Assemblée, avec un historique permettant de voir les évolutions dans le temps
- Un moteur de recherche puissant permettant, sur la base de nombreux critères, de retrouver des textes de lois sur des thématiques précises
- Des animations ludiques destinées à mieux comprendre son fonctionnement
- .../...
Et bien, il aurait mieux valu que je ne franchisse pas la porte...
Le résultat est si catastrophique que je ne sais même pas par où commencer...
- Alors commençons par le début, la page d'accueil : plus de 100 liens sur cette page ! Pour rappel, les règles d'usage montrent qu'au-delà de 20 liens sur la homepage, cela devient difficile de se repérer. Ici, c'est un véritable supplice...Le site indique entre 300.000 et 500.000 visiteurs uniques par mois en général; j'aimerais pour ma part connaître le % de visiteurs qui abandonnent dès la première page...
- La cible : à qui s'adresse ce site? Si nous regardons le nombre de visiteurs, il ne peut se composer uniquement de professionnels de la politique. Alors si sa vocation est d'être Grand Public, il faut que les entrées soient beaucoup plus restreintes, il faut identifier ce que vient rechercher le visiteur sur le site, et mettre en relief ces élements dès la page d'accueil...
- L'agenda, qui devrait être important, est très mal géré : on retrouve en colonne droite un lien "Ordre du jour" qui ne nous dit pas grand chose, aucune remontée visible en page d'accueil de le dernière séance,...
- Le moteur de recherche est bien là mais une fois encore, ses critères satisfont-ils le grand public ou un public d'initiés?
- Les animations, je les cherche encore...ah si, l'espace Jeunes et son Kit pédagogique en .pdf. N'y-a-t-il pas meilleur format pour faire du prosélytisme...? J'imagine la tête des jeunes à qui on met ça sous les yeux...
- Les principales règles de l'écriture web sont inexistantes : rien n'est très concis, rien n'est hiérarchisé, les dates sont rarement mises en valeur, le texte riche permettant de visualiser les éléments importants est oublié, la notion d'accroche n'existe pas...
Bref, je m'arrête là car j'y passerai la nuit...
Juste un best-of :
- "Dernières publications sur le site" : regardez la longueur de la page
- La page "Composition de l'Assemblée", à partir de laquelle on s'attend à de la simplicité et de l'image
- Le "Programme de travail" : convenez-en, on s'attend à trouver ce genre de contenu à la lecture de cet intitulé...
Avant de repartir, quelque chose me rassure...c'est la même version depuis mars 2001. Messieurs de l'équipe multimédia de l'Assemblée, il faudrait se mettre au travail...En 4 ans, il s'est passé des choses sur le web...!
00:10 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Politique

