14/12/2005
Militantisme électronique, par Patrick Jarreau
Je suis retombé sur cet article de Patrick Jarreau, qui m'avait bien interpellé.
Qu'en pensez-vous?
Les adhérents de l'UMP sont donc invités à participer à un "congrès virtuel" pour modifier les statuts de leur parti. C'est la dernière innovation de Nicolas Sarkozy à l'heure où nous mettons sous presse. Le ministre de l'intérieur, président de l'UMP, a trouvé ce moyen de faire des économies, en évitant les dépenses qu'entraîneraient des assises dans un palais des congrès ou un hall d'exposition, avec tribune, sonorisation, service d'ordre, restauration et frais de déplacement des délégués. Le vote par Internet lui permet aussi de priver ses adversaires ou concurrents éventuels d'un podium où prononcer des discours à l'usage des militants et des médias.
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Reste la question du militantisme électronique. Qui est aussi celle du militantisme tout court. Les partis démocratiques se sont formés au début du XXe siècle en Europe et en Amérique. Leurs modes de fonctionnement ont été fixés, au moins pour ce qui est des principes, il y a parfois un siècle. Pour une large part, c'est le modèle de gauche qui s'est imposé, peu à peu, aux dépens des comités d'élus de la droite conservatrice ou modérée et du monolithisme dictatorial des formations totalitaires. Les gaullistes, qui se sont toujours présentés comme un "rassemblement", refusant le terme même de parti, ont fini par adopter, dans les années 1990, le droit de tendance, jusque-là propre aux socialistes, puis l'élection du président de leur parti par les militants. Voilà maintenant que l'UMP envisage de leur confier aussi la désignation de son candidat à la tête de l'Etat.
La clé de ces évolutions est simple. Les candidats ont besoin de militants pour se faire élire. Quelle part de pouvoir sont-ils prêts à leur concéder en échange du temps passé à faire campagne, à convaincre, à distribuer des tracts, voire à coller des affiches là et quand cela est permis ? Pour susciter adhésions et engagements, il ne suffit plus de faire des promesses ou d'incarner avec talent un idéal commun. Les militants veulent avoir leur mot à dire. Ils veulent que leurs préoccupations soient prises en compte. Le désenchantement par rapport aux responsables politiques oblige ceux-ci à reconquérir la confiance de leurs partisans en les écoutant davantage ou en leur donnant le sentiment qu'ils participent plus qu'auparavant à la définition des programmes et aux choix des personnes. Sinon, le risque est que les partis ne soient plus que des groupements d'élus entourés d'aspirants à l'élection, selon une formule appliquée autrefois au PS. Voire des féodalités réunissant des clientèles autour de potentats locaux, ce qui serait plus proche de la réalité d'aujourd'hui dans les formations de gauche et de droite.
Heureusement, la compétition entre les dirigeants les amène à rechercher de nouvelles recrues, pour se renforcer les uns au détriment des autres.Nicolas Sarkozy ne se donnerait pas tant de mal pour augmenter le nombre de membres de l'UMP s'il n'avait pas besoin d'assurer sa position contre des adversaires actuels ou probables. Au PS, face aux chefs de courant, François Hollande fait appel aux militants en se présentant comme leur élu - ce qu'il est - ou en organisant un référendum, ce qu'il a fait pour trancher, en décembre 2004, le débat sur la Constitution européenne.
L'interactivité que permet Internet offre de nouveaux moyens pour associer les militants à la vie de leur parti. Aux Etats-Unis, à la fin de 2003, les primaires pour la désignation du candidat démocrate à la présidence ont vu surgir un candidat issu de l'Internet. Howard Dean, ancien gouverneur du Vermont, a surpris tout le monde en arrivant en tête des sondages grâce à la mobilisation des "vrais" démocrates, désireux de se réapproprier leur parti après avoir subi le recentrage qui avait permis à Bill Clinton d'être élu deux fois à la Maison Blanche. Ce qu'on a appelé l'"insurrection" de la gauche démocrate s'est exprimé à travers les réseaux électroniques, pourvoyeurs d'idées, de convivialité et de dons aux caisses de campagne. Cependant, la vague Dean s'est brisée sur les scrutins réels, quand les électeurs démocrates ont été appelés à départager les candidats à la candidature. Il est apparu alors que l'Internet avait soudé autour de Howard Dean un militantisme très motivé et très actif, mais qui contribuait à l'éloigner des aspirations de la majorité des électeurs indépendants et d'une bonne partie des électeurs démocrates.
Le militantisme traditionnel, celui des congrès, des réunions de section et des préaux d'école, ne suffit plus à attirer de nouvelles recrues vers l'engagement actif. Pour franchir la frontière qui sépare le monde politique des simples citoyens, les partis cherchent de nouvelles formes de communication. L'Internet en est sûrement une, mais c'est un instrument qui peut favoriser la constitution de réseaux fermés plutôt que l'échange avec la société réelle.
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26/11/2005
Sondages politiques sur Internet : prudence, prudence...
Les sondages sont déjà à prendre avec des pincettes lorsqu'ils sont représentatifs de la population française, mais leur accroissement sur de nombreux sites web incite à davantage de prudence dans l'analyse des résultats.
Au minimum 3 biais peuvent intervenir et sont à prendre en compte :
- Biais média
- Biais d'intérêt
- Biais support
Le profil de l'internaute moyen en France tend à se rapprocher du français moyen, mais le compte n'y est pas encore.
D'après les chiffres clés synthétisés par le Journal du Net, on se rend compte qu'au dernier trimestre 2004 :
- 54% des internautes sont des hommes alors qu'ils ne sont que 48,2% en France
- les 50 ans et + représentent moins de 20% des internautes alors qu'ils sont près de 40% en France
- 34,4% des internautes sont des CSP+ (Catégories Socio-Professionnelles +) contre 20,8% en France
Une fois ce biais "média" pris en compte, il faut également considérer que les internautes qui consultent des sites ou des blogs politiques ont également un profil différent de l'internaute moyen : plutôt masculin, urbain, "aisé",...
Deuxième biais donc.
Enfin, il convient également de prendre en compte le profil de visiteurs du site sur lequel le sondage est accessible. Chaque site pouvant avoir des cibles bien distinctes, malgré une teinture éditoriale très proche, ce troisème biais ne doit pas nous échapper.
Cela m'a notamment marqué sur des sondages liés au dernier Congrès du Parti Socialiste fin novembre. Les sondages de Libération, avec près de 10 000 répondants et du blog Motions Socialistes (avec seulement 646 répondants, mais très ciblés PS) avaient recueilli des résultats bien différents de la réalité.

Dans ce cas précis, je pense qu'il serait intéressant de se pencher sur :
- les résultats de la motion 4 sur le sondage de Libération. Cette motion représentant l'aile très à droite du PS (d'inspiration blairiste), il peut être étonnant de la retrouver à 17% pour les lecteurs de Libé alors que les adhérents du PS ne l'ont crédité que de 0,7%... Quel biais a ici été le plus influent?
- Sur le blog Motions Socialistes, on peut noter dans les résultats du sondage le très bon score de la motion 5 (A.Montebourg, V.Peillon,...) et le tollé de la 2 (Fabius / Mélenchon). Là encore, quelle analyse en déduire...?
N'hésitez pas à donner votre avis sur cette question, à l'heure où de plus en plus de sites et de blogs insèrent des modules de sondage dans leurs pages.
A noter enfin, le questionnaire proposé par Science Politique.net, afin d'en savoir un peu plus sur vous autres, internautes intéressés par la politique.
14:45 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (41) | Envoyer cette note
13/11/2005
Nouveau site du PS : l'analyse
Quelques jours après son lancement, il est temps de procéder à une petite analyse du nouveau site du Parti Socialiste. Anne-Catherine Franck, responsable de la communication du PS, indique que le site "n'a pas encore atteint sa vitesse de croisière". L'internaute lambda ne lisant pas forcément son message et les premières impressions étant souvent les plus importantes, il me semble quelque peu risqué de lancer un site qui ne tourne qu'à 60-70% de ses capacités...
Dés l'arrivée sur le site, on se rend compte que la page d'accueil gagne clairement en lisibilité et en simplicité par rapport à la précédente version, qui n'était qu'une liste de contenus étalés sur plus de 6 écrans...
Le pavé "A la Une" permet distinctement de prendre en compte l'info prioritaire du moment. Dommage que l'on ne puisse pas cliquer sur l'accroche et/ou le titre, plutôt que d'utiliser le petit lien "suite"...
Comme dans la précédente version, la structuration des contenus est difficile à appréhender : "les dossiers", "en bref", "les communiqués", "A la Une" constituent autant d'entrée qui n'ont pas de sens pour le visiteur. Une rubrique "Actualités" ou "news", remontant les différents contenus et les segmentant par sujet plutôt que par type serait je pense plus efficace. Faute d'avoir fait ce choix, la partie centrale de la homepage reste donc quelque peu brouillonne.

La navigation dans le site se fait ensuite via 3 entrées : le PS, les Thèmes, les Fonctions. Au-delà du fait que l'intitulé "les Fonctions" me semble bien peu adapté à ce que l'on retrouve derrière, cette segmentation en 3 parties est assez limitée et ne suscite pas forcément l'envie...
=> On a quand même l'impression qu'une fois de plus, on ne se soit pas placé du point de vue de l'utilisateur, mais du point de vue de l'émetteur.
Pour aller plus loin, voici mes + et mes - concernant cette nouvelle version.
Les +
- page d'accueil bien plus aérée que sur la version précédente
- prise en compte des fils RSS
- moteur de recherche assez visible et qui semble performant
- prise en compte (même si ce n'est que prochainement) de forums thématiques, de blogs,...
Les -
- aucune prise en compte des différentes cibles potentielles (visiteur, sympathisant, adhérent,...)
- aucune "mise en relation" : pas de "contactez nous", pas de FAQ, pas de plan du site, pas de rubrique "aide",...
- un site qui "n'ouvre pas sur le Parti" : aucune info sur les procédures d'adhésion (encore moins en ligne), aucun lien vers les sites des fédérations,...

- des règles d'écriture web pas du tout respectées : titres qui ne donnent aucune info (ex : "expulsion d'etrangers", "fonds d'indemnisation",...), dates invisibles en page d'accueil, champs parfois inutiles,... Je demanderai prochainement à Joël Ronez, spécialiste en écriture web, son avis sur le site.
- un espace privé très frustrant : on ne sait pas a priori ce que l'on retrouvera une fois identifié et une fois identifié, tout ou presque est inaccessible...
- des espaces contributifs (forums, blogs, chats,...) inactifs, alors que le lancement de cette nouvelle version aurait été un bon moyen de les valoriser
- un site qui reste faible en terme d'utilisation d'outils multimedia : pas de vidéo, de flash,...
- une très faible complémentarité avec les autres supports en ligne du PS, qu'ils soient en ligne (site du Projet, site du Congrès,...) ou papier.
14:40 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (38) | Envoyer cette note
26/10/2005
Comment gère-t-on l'adhésion sur les sites des partis politiques?
Les partis de gauche et de droite gèrent leurs processus d'adhésion de manière très différente, y compris dans leur mise en valeur sur le web.
A droite, cela va du .pdf à imprimer et renvoyer accompagné d'un chèque aux modalités très complètes offertes par l'UMP. Pour chacun des grands partis, les tarifs des cotisations sont clairement indiqués.
L'UDF propose en effet de remplir un document d'adhésion, en spécifiant le type de cotisation souhaité (cela va d'ailleurs de 10 à 40 euros pour une cotisation simple) et de le renvoyer avec un chèque. Le MPF en fait de même, avec une adhésion spéciale présidentielle qui permet aux intéressés de payer jusqu'à 150 euros maxi...
L'UMP, qui a décidé il y a quelques mois de booster son nombre d'adhérents, offre 5 moyens d'adhésion :
- en ligne
- par courrier (.pdf à remplir + chèque)
- par SMS
- par téléphone (0,15 euros la minute)
- par contact direct avec la fédération souhaitée
A gauche, les choses sont assez différentes et les process d'adhésion semblent bien plus opaques... Que ce soit au PS, au PCF ou chez les Verts, on retrouve toujours la même logique : un simple formulaire de saisie de coordonnées (nom, prenom, adresse, telephone, mail) à remplir en ligne, afin d'être contacté ultèrieurement par une fédération.
Du coup, aucun prix n'est clairement indiqué; ce qui peut constituer une véritable barrière à l'entrée.
Les prochaines versions de sites, ainsi que les prochaines échéances internes à gauche, permettront peut-être d'améliorer certains aspects.
11:39 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
13/10/2005
De la fréquence d'actualisation à la régularité des actualisations
Je parlais dans mon dernier billet de la fréquence d'actualisation des blogs politiques. Au-delà de ça, je pense que c'est la régularité des publications qui importe davantage.
Afin de susciter la fidélisation de ses visiteurs, introduire une notion de temporalité via des "programmes", des "rendez-vous",..., dans son blog me semble une bonne voie à suivre, et plus particulièrement encore dans le domaine de la politique.
A ce titre, la démarche entreprise par Dominique Strauss-Kahn depuis hier sur son blog illustre bien mon propos. DSK se propose de lancer tous les 10 jours un sujet sur lesquels ses visiteurs peuvent donner leur avis. Au bout des 10 jours, il intervient à nouveau afin de "conclure et mettre en perspective, en vous disant ce que j'en retiens et ce que cela m'inspire." Premier sujet : "la combinaison de la vie professionnelle et de la vie personnelle"
Au-delà du fond, je trouve cette idée intéressante dans le sens où :
- elle introduit cette notion de "rendez-vous", clairement fidélisante.
- elle remet une dose d'interactivité qui manque trop souvent (ce blog, comme de nombreux blogs politiques, oubliant parfois que le politique se devait aussi d'intervenir dans les débats).
20:22 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
11/10/2005
Blogs politiques : attention à l'actualisation !
La simplicité d'administration des blogs fait que, dans l'esprit de nombreux internautes, la réactivité doit être au rendez-vous. Je partage volontiers ce point de vue et porte un regard particulier à l'actualisation des blogs politiques que je parcours fréquemment.
A mon avis, la question centrale est moins liée à une moyenne de billets par semaine ou par mois qu'à l'attente que l'on suscite chez les visiteurs qui s'habituent à une certaine fréquence d'actualisation.
Je pense en effet qu'il est nécessaire, au lancement de son blog, d'essayer de définir une fréquence de publication prévisible et de s'y tenir.
Deux exemples pour illustrer et compléter ma position :
- le blog de Jack Lang qui, depuis son lancement, publie environ 1 billet quotidien. Espérons pour lui qu'il ne baisse pas trop de régime dans les prochains mois, faute de quoi l'attente suscitée par cette fréquence très élevée pourrait se retourner contre lui... Rappelons-nous que l'internaute est un zappeur par excellence.
- le blog de Julien Dray (tiens, on n'en parle plus trop ces derniers temps...!), qui tournait environ à 20 billets par mois fin 2004 et générait entre 100 et 200 commentaires par billet, a chuté à 4 publications depuis la rentrée pour une moyenne de commentaire par billet divisée par 10 ! Au-delà de la baisse de fréquence d'actualisation, J.Dray n'a rien écrit entre le 31 mars et le 21 septembre, et ce sans en avertir le visiteur...
Deux éléments importants à retenir il me semble :
- Essayer de tenir sa fréquence de publications moyenne
- Prévenir le visiteur lorsque cette fréquence doit évoluer et en donner les raisons (P.Devedjian l'avait d'ailleurs bien fait il y a quelques semaines...). L'internaute est zappeur et peut rapidement vous oublier (surtout les jeunes J.Dray !)
14:56 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
06/10/2005
Militantisme : Pourquoi ne pas profiter des spécificités du web?
Certains le savent surement : le Parti Socialiste prépare actuellement son prochain Congrès au cours duquel la direction du Parti sera remise en jeu. Pour faire leur choix, les militants peuvent s'appuyer depuis quelques jours sur 5 "motions" qui, sur papier, représentent pas moins de 205 pages !
Comment les 5 "émetteurs" de ces motions utilisent-ils le web pour les rendre plus attractives et plus mémorisables?
Deux uniquement ont choisi de créer un site dédié : la motion Réussir à Gauche (actuelle direction : DSK, Hollande, Delanoë, Aubry,...) et la motion Rassembler à Gauche (Fabius, Mélenchon,...).
1/ Réussir à gauche s'appuie sur un format de blog collectif plutôt intéressant et qui représente environ 75% des contenus actuellement en ligne. 10 blogueurs signataires de cette motion alimentent au fil des jours le blog, en parlant aussi bien de l'actualité que du contenu de la motion. Intéressant à noter néanmoins : aucune "grande figure" (DSK, Lang, Hollande,...) de cette motion ne fait partie de ces 10 blogueurs...
Outre ce blog collectif, le site donne évidemment accès (en .pdf) à l'intégralité du texte de la motion, à un résumé et à une trame (qui ne me semble d'ailleurs pas des plus utiles...). Des argumentaires sont en train d'être ajoutés quasi quotidiennement et un premier niveau de comparatif avec d'autres motions sur certains thèmes voit le jour.
2/ Rassembler à gauche est quant à lui un véritable site (pas d'esprit blog ici). Sans un instant s'attarder sur le contenu, ce site révèle rapidement de nombreux problèmes :
- une structuration des contenus très mauvaise (voir la barre de navigation gauche et ses trop nombreuses entrées...)
- un espace "forum" complètement vide : il aurait été préférable de le lancer plus tard...
- une interactivité avec les visiteurs inexistante : l'espace "exprimez-vous" ne permet que d'envoyer des remarques par e-mail...
Les rubriques "En direct de la motion sortante" et "ils ont dit" sont purement polémiques et ne permettent pas au visiteur de se faire une idée plus précise des caractéristiques de la motion.
La rubrique "Arguments", a priori centrale, est à mon avis bien trop noyée pour que l'on y arrive facilement...
3/ La motion du Nouveau Parti Socialiste fait juste l'objet d'une rubrique spécifique sur le site du courant d'A.Montebourg. Rien de spécial à signaler ici mis à part ce que je signalais dans un précédent billet sur le choix de format du résumé et du texte intégral de la motion. A signaler néanmoins qu'un résumé concis y a été ajouté récemment.
4 et 5/ Les deux dernières motions (Utopia et Jean-Marie Bockel) n'apportent rien de plus en terme de "contenant" bien entendu...
Pour résumer (il est temps !!) :
- une interactivité très limitée, mis à part sur Réussir à gauche qui joue sur le blog collectif
- une difficulté à comparer les positions de chacun des textes : le web offre pourtant des possibilités (voir le site Watchblog sur lequel il serait possible de s'inspirer)
13:18 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (39) | Envoyer cette note
23/09/2005
Contenus volumineux : HTML ou PDF?
Le Parti Socialiste est en pleine révélation des motions qui doivent l'amener à orienter sa politique en vue de 2007.
J'avais récemment un débat sur le format de mise en ligne de ces motions, qui représentent souvent de gros pavés (entre 50 et 100 pages). Exemple pris dans le cadre de cet exemple : la motion de NPS (Nouveau Parti Socialiste) sur son site.
Alors que tous les autres courants avaient choisi de les mettre en ligne au format .pdf, NPS a privilégié la création de plusieurs pages HTML.
Je trouve ce choix plutôt mauvais, compte tenu des 98 pages que représente ce document. La quinzaine de pages web créée ne respecte aucune des principales règles d'écriture web : aucun élément mis en relief, aucune contextualisation, un découpage HTML qui colle strictement au découpage du document papier,... (exemple / autre exemple)
Bref, un document papier "copier-coller" brutalement sur le site.
Il aurait mieux valu à mon avis :
- mettre à disposition le document intégral en .pdf (la lecture à l'écran d'un document si long est quasi impossible, même après un découpage intelligent et un respect des règles d'écriture web), destiné à l'impression. Pour rappel, il est 3 fois plus difficile de lire un document en .pdf à l'écran qu'une page HTML...
- mettre en ligne, au format HTML, une synthèse du document, en mettant en valeur les points clés, en faisant des liens de contextualisation vers d'autres partis du site pour aller plus loin sur un sujet donné,...
Votre avis sur la question?
NB : Depuis peu, une synthèse en .pdf a été ajoutée sur la page de la motion. Bref, le contraire exact de ce que je préconiserais.
16:38 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (39) | Envoyer cette note
17/09/2005
Le site du Parlement Européen : définitivement "grand public" !
Dans un précédent billet sur le site de l'Assemblée Nationale, Hubert me demandait d'effectuer la comparaison avec le site du Parlement Européen, nouvelle version. J'aurai du mal à comparer tellement les différences sont nombreuses; en revanche, rien n'empêche un avis sur ce dernier...
Parcourez rapidement la page d'accueil pour vous rendre compte que nous sommes à 1000 lieues du chaos qui règne sur celle de notre Assemblée : des contenus aérés, des blocs d'informations qui remontent de la partie "Actualités", un nombre de thématiques resséré pour ne pas noyer le visiteur,...
Sur la structure du site, uniquement 5 grandes rubriques, au sein desquelles on peut ensuite descendre dans le détail. Chaque rubrique est découpée de manière quasi similaire (Présentation / En détails / Archives), ce qui permet une navigation très intuitive quelque soit l'endroit où l'on se trouve.

Les fonctionnalités transverses (plan du site, FAQ, Contact, Imprimer) se retrouvent toujours également toujours au même endroit à tous les niveaux de l'arborescence.
La gestion et la mise en valeur des news est parfaite : remontée de blocs d'infos avec titre, date, accroche, thématiques,...

Si l'on s'attarde maintenant sur le contenu, il semble que l'équipe qui a travaillé sur ce site s'est bien posée les 2 questions à ne jamais oublier :
- A qui l'on s'adresse?
- Dans quel but le fait-on?
A voir les homes de rubriques, il est évident que l'on s'adresse au citoyen européen lambda. Démonstration à partir de 2 rubriques :
- La rubrique "Le Parlement" ouvre directement sur un message du Président Borrell souhaitant la bienvenue au citoyen européen et lui retraçant succinctement le rôle du Parlement dans le contexte actuel. Les intitulés des sous-rubriques sont tout autant explicites sur la prise en compte de la cible : "Découvrir le Parlement" et "Le Parlement et vous".
- Ce sentiment d'adéquation à une cible Grand Public se retrouve également au niveau de la rubrique "Vos députés", qui ouvre directement sur une carte permettant de retrouver ttrès simplement les élus de son pays.
En conclusion, tant au niveau du contenu que de la manière dont il est mis en valeur, le site du Parlement est bien plus accessible au Grand Public, ce qui devrait être également le cas du site de notre Assemblée Nationale.
Bravo !
08:45 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
16/09/2005
Vite ! Un site pour l'Assemblée...
Suite à une overdose de blogs (!), je me suis ce soir replongé dans une occupation d'un temps lointain : surfer sur des sites internet...Après avoir failli reprendre mon analyse des sites des 10 plus grandes villes françaises (j'y reviendrai prochainement), je suis malheureusement arrivé sur le site de l'Assemblée Nationale.
Avant de franchir la porte, qu'est-ce que j'en espérais?
- De la clarté tout d'abord, afin d'inciter les citoyens à en savoir un peu plus sur la Chambre qui vote nos lois...
- Un agenda permettant de savoir qu'est-ce qui va être discuté dans les prochains jours et quels ont été les derniers votes
- La composition de l'Assemblée, avec un historique permettant de voir les évolutions dans le temps
- Un moteur de recherche puissant permettant, sur la base de nombreux critères, de retrouver des textes de lois sur des thématiques précises
- Des animations ludiques destinées à mieux comprendre son fonctionnement
- .../...
Et bien, il aurait mieux valu que je ne franchisse pas la porte...
Le résultat est si catastrophique que je ne sais même pas par où commencer...
- Alors commençons par le début, la page d'accueil : plus de 100 liens sur cette page ! Pour rappel, les règles d'usage montrent qu'au-delà de 20 liens sur la homepage, cela devient difficile de se repérer. Ici, c'est un véritable supplice...Le site indique entre 300.000 et 500.000 visiteurs uniques par mois en général; j'aimerais pour ma part connaître le % de visiteurs qui abandonnent dès la première page...
- La cible : à qui s'adresse ce site? Si nous regardons le nombre de visiteurs, il ne peut se composer uniquement de professionnels de la politique. Alors si sa vocation est d'être Grand Public, il faut que les entrées soient beaucoup plus restreintes, il faut identifier ce que vient rechercher le visiteur sur le site, et mettre en relief ces élements dès la page d'accueil...
- L'agenda, qui devrait être important, est très mal géré : on retrouve en colonne droite un lien "Ordre du jour" qui ne nous dit pas grand chose, aucune remontée visible en page d'accueil de le dernière séance,...
- Le moteur de recherche est bien là mais une fois encore, ses critères satisfont-ils le grand public ou un public d'initiés?
- Les animations, je les cherche encore...ah si, l'espace Jeunes et son Kit pédagogique en .pdf. N'y-a-t-il pas meilleur format pour faire du prosélytisme...? J'imagine la tête des jeunes à qui on met ça sous les yeux...
- Les principales règles de l'écriture web sont inexistantes : rien n'est très concis, rien n'est hiérarchisé, les dates sont rarement mises en valeur, le texte riche permettant de visualiser les éléments importants est oublié, la notion d'accroche n'existe pas...
Bref, je m'arrête là car j'y passerai la nuit...
Juste un best-of :
- "Dernières publications sur le site" : regardez la longueur de la page
- La page "Composition de l'Assemblée", à partir de laquelle on s'attend à de la simplicité et de l'image
- Le "Programme de travail" : convenez-en, on s'attend à trouver ce genre de contenu à la lecture de cet intitulé...
Avant de repartir, quelque chose me rassure...c'est la même version depuis mars 2001. Messieurs de l'équipe multimédia de l'Assemblée, il faudrait se mettre au travail...En 4 ans, il s'est passé des choses sur le web...!
00:10 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
23/06/2005
Impact du web politique sur la citoyenneté
En 2003, Thierry Vedel écrivait un article sur "L'internet et ses usages citoyens", dans le n°316 des Cahiers Français.
2 ans après, que pensez-vous des oppositions qu'ils mettaient en exergue, l'évolution du web politique a-t-il fait pencher la balance dans un sens plutôt que dans l'autre,...?
La question centrale qui se posait était : Internet peut-il favoriser un renouveau de la citoyenneté?
D'un côté, les arguments optimistes, voyant Internet comme un vecteur :
- d'enrichissement des moyens d'information des citoyens, via une diversification des sources et un accès à l'information primaire facilité
- de stimulation du débat politique; à travers ses fonctionnalités communautaires (forums, blogs,...)
- de revitalisation de l'engagement et de l'action collective
- de rajeunissement de l'esprit citoyen
- d'écoute des aspirations et attentes des citoyens
De l'autre côté, les arguments pessimistes considéraient plutôt Internet comme :
- un média développant la consumérisation de la citoyenneté
- un média sur-représentant à l'extrême certaines catégories de la population
- un facilitateur plutôt qu'un activateur de l'action collective
- un média suscitant la confusion chez le citoyen en mettant sur le même plan des sources de qualité très inégale
- un vecteur de l'accroissement de la défiance envers les politiques
Vos avis 2 ans après?
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20/06/2005
Associer un message d'actualité à un site politique

Si de nombreux sites de partis politiques ont un traitement des news qui s'améliore (catégorisation plus orientée utilisateur, remontée des actus en homepage,...), ce n'est encore génial partout !
D'où l'intérêt que les partis politiques français auraient à apporter au traitement actuel qui en est fait sur le site du New labour britannique (qui décidément, m'inspire pas mal : "Meilleur site politique outre-Manche", "Le site du Labour en campagne",...)
Dans l'approche du Sommet du G8 et de l'arrivée de la Grande-Bretagne à la tête de l'Union européenne le 1er juillet 2005, le site du Labour a en effet rapidement changé de ton et d'orientation pour relayer la position actuelle de T. Blair sur la pauvreté dans le Monde.
Ainsi, une pré-homepage donne le ton (voir image ci-dessus) en incitant le visiteur à s'impliquer personnellement.
Ensuite, au niveau de la homepage et de la rubrique "Actualités" du site, le message est toujours très présent; permettant réellement d'associer le parti à cette "mission" dans l'esprit du visiteur .

Que pensez-vous de cette approche?
19:16 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
13/06/2005
Tour d'horizon des newsletters des principaux partis politiques
Le proximité plus fine dans la relation entre les partis politiques et les citoyens (et/ou militants, sympathisants) constitue l'un des principaux avantages du web.
Maintenant que 15 jours sont passés depuis mon abonnement à toutes les newsletters des principaux partis français, il est temps de dresser un petit bilan.
L'UMP arrive en tête sur les différents critères que j'avais retenu (procédure d'inscription / désinscription, contenus et fonctionnalités, fréquence de parution,...).
Aussitôt inscrit, j'ai reçu une demande de validation sobre mais claire. La newsletter est ensuite envoyée chaque jeudi; permettant ainsi d'instaurer une notion de "rendez-vous". Au niveau du contenu, elle est axée sur les dernières déclarations des figures marquantes du parti, avec une rubrique agenda permettant de prendre connaissance des principales échéances à venir.
Les quelques fonctionnalités de base sont présentes : version imprimable, désinscription aisée, contact webmaster et même accès au site de la CNIL.
Mention bien donc !
Le Parti Socialiste présente une version a priori plus ancienne que celle de l'UMP. Son contenu s'appuie davantage sur la mise en avant des communiqués diffusés sur le site. Elle ne joue pas assez sur l'aspect "Agenda", pourtant efficace dans un outil relationnel tel qu'une newsletter. Sur la forme, elle est beaucoup plus austère que celle de l'UMP (pas de visuels, une mise en page très sommaire,...) et manque vraiment de convivialité.
Le Parti Communiste, quant à lui, envoie son "Contact Hebdo" en PDF. Un petit message texte est inséré dans le mail alors qu'on aurait préféré une mise en valeur de certains contenus ou même un mini-sommaire éditorialisé.
Le contenu de cette publication s'apparente davantage à un hebdo papier passé sous PDF qu'à une véritable newsletter.
La palme de la déception est décernée à l'UDF qui permet au visiteur de s'abonner, qui envoie un mail de confirmation...mais qui n'envoie pas de newsletter...ou alors à une fréquence beaucoup trop longue pour ce type de support. En allant voir de plus près sur le site, la dernière remonte en fait à septembre 2003...Il serait temps d'actualiser cette partie du site !
Pour conclure, quelques optimisations possibles, valables pour tous les partis :
- la création de newsletters ciblées (Grand Public > Sympathisants > Militants)
- la promotion et la mise en valeur de la newsletter (visibilité sur le site, présence au niveau des différents supports de communication,...)
- le respect des principales règles d'écriture web pour s'assurer de la bonne lisibilité du contenu (titres courts, accroches impactantes, mini-sommaire au début de l'e-mail,...
17:37 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
08/06/2005
Pau.fr : une véritable réussite !
Petite pause dans notre analyse des sites des 10 municipalités françaises les plus peuplées. Aujourd'hui, je vais m'attarder sur le cas de la Ville de Pau, qui avait alerté mon attention par sa présence publicitaire sur quelques chaînes TV.
Le site Internet de Pau semble très réussi à plusieurs niveaux :

- sur le plan du design déjà, le site est très agréable. Les couleurs choisies sont chaudes et harmonieuses, les images de qualité. La lisibilité globale s'appuie sur des ambiances particulières pour chaque partie du site, qui permettent à l'utilisateur de facilement se repérer.
- au niveau de la navigation et de l'ergonomie, cela frôle la perfection... ! Un nombre de rubriques limité (6), une cohérence dans les sous-rubriques (une sous-rubrique Agenda pour chacune des grandes rubriques du site) et une excellente visibilité des fonctionnalités permettant à l'utilisateur de trouver ses infos (plan du site, moteur de recherche,...) contribuent notamment à faciliter la navigation.
- côté fonctionnalités :
- une webcam, des cartes postales virtuelles, les infos météo et un moteur de recherche "touristique" qui permettent de parfaitement coller à la cible "touristes".
- les habitants de Pau ne sont pas en reste : menus scolaires de la semaine, plan interactif très réussi avec un mode de recherche par rues ou par éléments rattachés aux rubriques du site (ex : Crèches ou parking pour la rubrique "vivre à Pau", bibliothèque pour la rubrique "Culture",...). Allez le parcourir, il est remarquable de simplicité et génère une véritable valeur ajoutée!
Le site propose aussi plusieurs newsletters permettant de "gérer la relation citoyen".
Enfin, le guichet en ligne est riche et clair. Il regroupe des contenus et services provenant de plusieurs sources : Servicepublic.fr, mairie de Pau, Conseil régional,...
Pour conclure, saluons le choix prudent qui a été fait au niveau de la traduction du site. Seuls les contenus essentiellement destinés aux touristes ont été traduits en anglais et espagnol; ce qui montre bien que les responsables de ce site se sont posés les bonnes questions et ont mis l'utilisateur au centre de leur démarche.
17:31 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
31/05/2005
Sites municipaux : Lille, l'occasion manquée
Le site municipal de Lille est donc le 3ème sur lequel je me penche aujourd'hui.
J'attendais en effet beaucoup de ce site, persuadé qu'il aurait profité de la visibilité donnée par l'opération "Lille capitale européenne de la culture 2004" et du côté "carrefour européen" que cette ville représente.
Je voulais grâce à lui répondre à Hubert, qui dans un précédent billet se demandait si je trouverais prochainement un site municipal intéressant...
- Et bien, c'est encore raté !
La homepage est certes plus light que les précédents sites analysés mais on se demande un peu d'où viennent les contenus dans le corps de la page et d'où vient ce choix de couleurs plutôt étonnant...Rien n'est contextualisé, l'utilisateur a de fortes chances de se perdre rapidement, aucune mention légale, aucune possibilité de contact,...
Si l'on rentre un peu plus dans le site, on s'aperçoit qu'on a une chance sur deux, à chaque clic, de sortir vers des espaces complètement différents (Lille pratique, Lille touristique,...) de la homepage, tant en terme de design qu'en terme de navigation.
Au niveau des actualités et des contenus dynamiques en général, c'est encore pire...Les actualités sont classées en 4 thématiques mais il est quasiment impossible de repérer ces dernières : faites le test.
Fait remarquable pour des actualités : aucune des news n'est datée !!
Au niveau des services aux lillois, la rubrique Lille Pratique n'apporte rien d'innovant, quelques formulaires à imprimer pour commander des pièces d'état civil tout au plus...
Enfin, certaines parties du site (ex : Sport pour tous,...) ne sont que des copies intégrales des plaquettes papier, qu'il serait d'ailleurs bien plus pratique de consulter...en papier.
Bref, on ne trouvera rien d'innovant sur ce site...
- Dommage qu'il n'ait pas profité du professionnalisme et de la richesse de celui de Lille 2004.
- Dommage qu'il n'offre pas plus de terrain d'expression aux nombreuses associations qui ont fait vivre Lille 2004
- Dommage qu'il ne prenne pas en compte la dimension "carrefour géographique" de la ville en offrant des entrées ciblées et des contenus à forte valeur ajoutée pour les touristes
- Dommage enfin qu'il ne permette pas aux citoyens de retrouver en ligne des espaces d'échange et de partage si présents dans la vie lilloise...
17:50 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Analyse des sites municipaux : Toulon...non
La troisième ville sur laquelle je souhaitais me pencher était Toulon...
Ce sera pour une prochaine fois, le site étant a priori planté aujourd'hui...
Le seul élément que j'ai pu voir de ce site est son adresse : www.toulon.com. Un ".com" pour un site municipal...ça commence pas vraiment fort....
16:44 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
27/05/2005
Gestion de la "relation citoyen" : les oublis français...
Des dépenses marketing énormes sont affectées à la Gestion de la Relation Client sur les grands sites commerciaux.
Que font les sites les grands partis politiques pour gérer la "Relation Citoyen", sans pour autant dépenser de telles sommes?
Ce n'est pas en France que nous trouverons les stratégies les plus poussées pour tenter de faire venir / faire adhérer / faire revenir les utilisateurs sur les sites des partis politiques.
1/ De nombreuses études montrent que les outils interactifs / d'échange, tels les blogs ou les forums incitent le visiteur à revenir plus fréquemment sur le site. De ce côté là, les grands partis politiques français sont un peu à la traîne. Mis à part l'UDF, qui offre une quinzaine de forums plutôt bien alimentés, les autres partis ont mis de côté ces outils, surtout semble-t-il à cause du manque de ressources induites par le besoin de modération.
Le PS semble s'ouvrir à ce type de relation avec le visiteur, notamment via son site Projet Socialiste, dont les forums constituent une véritable pierre angulaire.
2/ Une gestion dynamique des actualités, en utilisant par exemple des flux RSS, permet également d'établir une plus grande relation de proximité avec les visiteurs. En France, aucun des partis politiques majeurs n'est encore passé au RSS...En Angleterre, le site des Conservateurs a depuis cette année adopté cette solution sur son site; particulièrement utile en période de campagne.
Les newsletters jouent aujourd'hui ce rôle de lien entre l'actualité des partis français et les visiteurs de leur site. Tous les partis de gouvernement en proposent sauf Les Verts (ou alors, elle est très bien cachée...).
3/ Des espaces de type "rendez-vous" fédérant des agendas, des chats événementiels,..., peuvent également apporter en terme de relation avec le visiteur. Particulièrement utilisés en période de campagne (notamment pour les dernières Régionales 2004), ils sont un peu abandonnés ou pas gérés de façon optimale dans les creux de calendrier.
4/ Enfin, il semble que les espaces personnalisés du type "My PS", "My UMP" ou "My PC" ne soient pas encore à l'ordre du jour. Le Labour en Angleterre suit de plus en plus cette tendance, notamment avec sa rubrique "In your area", où les citoyens peuvent consulter des infos ciblées sur leur département.
La prise d'informations sur les visiteurs n'est pas non plus dans les pratiques. Ce point fera l'objet d'un prochain billet afin de recueillir vos avis sur cette pratique très utilisée par les sites commerciaux et éditoriaux.
Pour conclure, il semble évident que tous ces points vont considérablement évoluer dans un avenir proche. Cependant, les partis anglo-saxons possèdent une avance considérable sur la e-fidélisation; adoptant une approche qui se calque davantage sur les sites de e-commerce. Quelques exemples :
- l'offre d'accès Internet sponsorisée par le parti démocrate américain
- les nombreuses offres de partenariats du parti conservateur britannique (cartes de crédit, réduction sur les assurances, sur les tarifs téléphoniques,...)
- .../...
15:29 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
23/05/2005
Toulouse.fr : un souci de clarté, mais toujours pas de véritables e-avantages
Après Strasbourg.fr, j'ai décidé de passer au sud de la France en m'attardant sur le site municipal de Toulouse.

Parmi les points positifs du site :
- une tentative d'approche plus personnalisée avec de véritables mini-sites par quartiers. On retrouve dans ces mini-sites des lettres d'infos sectorielles, les orientations d'urbanisme du quartier, des supports de travail de l'équipe municpale,...On regrette juste que la démarche n'aille pas un peu plus loin, en essayant de se focaliser encore davantage sur les attentes du citoyen lui-même.
- un site plutôt bien structuré et clair, malgré des rubriques encore trop nombreuses à mon goût sur la homepage (12 rubriques et entre 6 à 7 autres entrées du type "Toulouse Infos", "Toulouse Culture",...) et un traitement très orienté papier.
Sur les points à vraiment optimiser :
- l'actualité de la ville n'est pas du tout mise en valeur et très mal gérée : l'info est présente au sein de "Toulouse Infos", presque invisible sur la homepage. Elle y est gérée comme un journal hebdomadaire papier : l'info n'est pas catégorisée, aucun flux RSS n'existe pour permettre au citoyen d'être informé des publications récentes, les news se succèdent sans aucune info concernant leur date de parution,...
- les services en ligne sont encore balbutiants : seuls les actes de naissances, de décès et de mariage peuvent être demandés 100% en ligne
- aucun espace citoyen et fédérateur n'existe. La relation est complètement "top-down". A aucun moment, le citoyen toulousain peut disposer sur le site d'un espace de discussion avec les élus.
19:15 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (41) | Envoyer cette note
19/05/2005
Strasbourg.fr : une nouvelle plaquette en ligne?
Le site municipal de Strasbourg est le premier à passer sous la moulinette de notre analyse sur les 10 plus grandes villes françaises.
Tout ressemble ici à une gigantesque plaquette en ligne, qui ne tire aucunement parti des avantages que pourrait procurer le web.
Les choix ergonomiques sont assez étonnants : 17 rubriques accessibles dans le bandeau de navigation de la page d'accueil, des remontées d'informations dénuées de repères permettant au visiteur de savoir où il se trouve dans le site,...
La segmentation des contenus est très difficile à appréhender : des rubriques qui pourraient se rejoindre (tourisme, se déplacer, se localiser), la rubrique "Actualités" qui se découpe en deux parties plutôt intriguantes en terme de communication : infos pratiques et...téléchargements...!
Côté Actualités justement, c'est presque la catastrophe (!) : pas de gestion des RSS, aucun champ date sur les news, pas d'archivage (ou introuvable),...
Au niveau des offres du site, le seul service qui pourrait s'approcher d'un service interactif se situe au niveau d'un formulaire permettant de demander en ligne une fiche d'état civil.
Aucun véritable service à valeur ajoutée donc : pas de POS en ligne, pas de carte du zonage scolaire, pas d'espace communautaire, pas d'espace personnalisé...
Bref, encore une belle plaquette en ligne...
La prochaine ville fera-t-elle mieux?
18:05 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
17/05/2005
Analyse des sites des 10 plus grandes villes françaises
Au cours des prochains jours, nous vous proposerons une analyse synthétique des sites Internet des 10 villes françaises les plus peuplées.
Nous passerons en revue les critères énoncés dans un précédent article et vous invitons à donner vous aussi votre avis.
Au menu donc :
- Paris
- Lyon
- Marseille
- Lille
- Toulouse
- Nice
- Bordeaux
- Nantes
- Strasbourg
- Toulon
Rendez-vous donc, dans la rubrique "ANALYSE" de Webpolitique.
18:40 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (35) | Envoyer cette note
16/05/2005
Elections UK : bilan de l'usage du web
Les élections britanniques étant terminées, il est temps de dresser un bilan concis de l'usage du web durant la campagne.
Dans une newletter spéciale, Politics Online met en valeur les 4 principaux constats :
- la communication provenant des partis politiques a considérablement augmenté via l'usage de l'e-mail
- les sites Internet des partis ont offert une véritable richesse en terme de contenus et de services
- les blogs ont permis un véritable espace de débat, complémentaires aux médias traditionnels
- les sites viraux ont été également très dynamiques, notamment sur des sujets sensibles
Parallèlement, on a pu remarqué une couverture médiatique de l'élection par les médias traditionnels de plus en plus interactive. La BBC est la grande gagnante de cette bataille de l'information. Elle a pris en compte de manière très professionnelle les avantages que le web pouvait lui apporter en période de campagne électorale : relais de l'information par mail, sur les PDA, usage systématique des flux RSS, calculateurs de sièges, jeux,...
Au final, le Parti Conservateur n'aura gagné qu'au niveau de l'audience sur son site, confirmant que : "an alternative candidate with internet savvy can be a great candidate, but an horrible candidate with top rate website is still a horrible candidate"...
14:43 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
03/05/2005
Analyse : le site Internet du Labour en campagne
C'est une évidence : les sites des partis politiques outre-Manche savent utiliser le web en période de campagne électorale !
La preuve aujourd'hui avec le parti de Tony Blair, le Labour.
Points forts
- un site très clair et lisible dès la page d'accueil, et ce malgré une véritable richesse éditoriale. Comme quoi, avec une bonne structuration des contenus, un site n'est pas forcément une usine à liens...(nous en reparlerons dans une prochaine analyse de site...en France cette fois-ci...)
- une fréquence d'actualisation quotidienne avec un traitement multimédia de l'actualité
- de multiples possibilités d'aider le parti financièrement ou en donnant de son temps
Points faibles
- un site ne permettant pas de syndication de contenus (XML). C'est très dommageable, surtout au regard de la fraîcheur des infos. De plus, leurs concurrents le proposent de leur côté...
Pour ceux qui veulent aller plus loin...
Le site offre 4 grandes entrées, qui regroupent 80% du contenu :
Action Centre, qui est un véritable espace militant dans lequel on retrouve toutes les infos pour devenir volontaire, donner des fonds, télécharger ou commander les supports de communication du Labour...
A noter : la richesse des possibilités pour supporter financièrement le parti. Au menu, modes de paiement multiples (chèque, carte de crédit en ligne, téléphone,...), prêts négociés et les fameuses "Co-op Visa Card" permettant de reverser un % au Labour sur chaque paiement.
In your area est un espace qui permet d'informer les visiteurs sur ce que le Labour a fait durant les dernières années dans leur district. Le module de recherche par carte est très pratique à utiliser et le contenu très impactant en temps de campagne.
La rubrique News offre quant à elle une vision exhaustive des communiqués de presse, interventions des candidats,...Tony Blair bénéficie lui d'un traitement particulier avec un agenda quotidien relayé par des vidéos.
Enfin, la rubrique Our policies permet rapidement de consulter les différentes propositions du Labour sur chaque grand sujet.
19:32 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
28/04/2005
Encore un article sur le blog de Julien Dray?
Le skyblog de Julien Dray n'en finit pas de faire parler : "jeunisme exagéré", "démago", "un ton grand frère, c'est Doc' Dray", "Bon point : c'est un blog. Mauvais point : c'est un skyblog",....
Tentons de prendre un peu de recul sur ce blog sur 3 points :
1 : le choix de Skyblog comme éditeur de blog.
Le choix semble pertinent au regard de la cible que Julien Dray vise. Alors même si les remarques fusent chez les bien-pensants du blog "propret", il semble bien que ce choix soit pertinent, ou en tout cas en accord avec l'objectif poursuivi.
2 : le style "graphico-editorial" de Julien Dray sur son blog.
Alors, en entrant sur le site tout en ayant en tête les différentes remarques lues un peu partout, je m'attendais à des smileys dans tous les sens, des couleurs, de l'ecriture SMS,...
Mis à part les couleurs, rien de tout ça dans le style Dray : un ton direct qui semble là encore adapté à la cible, des questions claires et concises :
- "Les 12 préservatifs à 6,50 euros est-ce vraiment cher payer pour se protéger ?"
- "Pour vous l'Amérique c'est une source d'inspiration, un modèle à suivre ?"
- "la vie professionnelle pour vous c'est juste indispensable pour gagner sa vie ou ça participe de l'épanouissement personnel ?"
Juste un conseil Mr Dray : les images animées, ça fait un peu old school...
3 : la fraîcheur du contenu.
Là, Julien Dray semble un peu accuser le coup... Seulement 7 billets depuis le début de l'année alors que novembre et décembre avaient été beaucoup plus prolifiques. La réussite d'un blog tient, il me semble, en bonne partie à une actualisation fréquente des contenus.
Le nombre de commentaires aux derniers billets de Julien Dray en est un exemple concret : leur nombre était bien plus important fin 2004.
La structure du blog (billets les plus anciens en première visibilité) y est peut-être pour quelque chose...
D'autres points à évoquer?
12:25 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
27/04/2005
OUI socialiste Vs NON socialiste
Le PS affiche ses différences sur la question du Traité Constitutionnel sur le web. Analysons les 2 principaux sites du PS sur le sujet : OUI Socialiste.net et NON socialiste.net.
Pour résumer, les deux sites souffrent sur de nombreux points : arborescence très floue, mauvaise segmentation des contenus, peu impactants au regard de l'objectif,...
Commençons par le site du OUI :
Points Forts
- forte volumétrie des contenus, nombreuses interventions de dirigeants,...
- aspect intercatif avec militants et citoyens : "le Courrier du OUI", le blog intégré au site, la newsletter,...
- une caution graphique permettant au visiteur de savoir qu'il se trouve sur LE site du PS dédié au Traité
- Fonctionnalités "virales" du type "envoyer à un ami" dans la rubrique Arguments + syndication possible RSS
- référencement correct, notamment sur des mots clés n'avantageant à priori ni le oui ni le non : 1er sur "Constitution PS" et sur "Constitution socialiste"
Points Faibles
- très mauvaise navigation et ergonomie, due à une mauvaise segmentation des contenus (des rubriques qui semblent très proches dans le type de contenus et qui brouillent la lisibilité du site : Dépêches, Ilsdizoui, Interviews, La question de la semaine, Ca vaut le coup de dire oui,...)
- page d'accueil beaucoup trop chargée : 4 écrans / + de 50 liens !
- site peu impactant, pas très "punchy" notamment dans la mise en valeur des arguments.
Au tour du NON maintenant : 
Points Forts, ils sont pas nombreux... :
- Page d'accueil plus light et claire que le site du OUI, mais qui reste néanmoins très perfectible
- .../...
Points Faibles
- encore une fois, mauvaise segmentation des contenus entraînant des difficultés de repérage et de navigation
- émetteur mal identifié : on ne sait pas vraiment qui nous parle
- l'info la plus importante n'est pas mise en valeur : la moitié de la homepage est presque consacrée à la pétition, qui ne sera a priori pas l'élément qui incitera à voter NON
- site peu ouvert aux citoyens (pas de blog, pas d'argumentaires en format Flash,...)
- les principales bases de l'écriture web ne sont pas respectées : textes longs, titres très peu impactants (voir l'exemple), liens directs vers des fichiers .pdf sans aucune identification pour le visiteur.
- site optimisé pour une résolution 800x600
Pour aller plus loin, le blog Netpolitique a récemment publié un billet sur les innovations proposées par certains sites sur le référendum. Ces deux sites auraient pu s'inspirer de certaines d'entre elles.
17:05 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
26/04/2005
Analyse de sites : c'est parti !
La rubrique Analyses de ce blog contiendra à partir d'aujourd'hui à la fois
- des billets d'humeur sur des sites ou blogs politiques
- des analyses plus détaillées sur des sites qui font l'actualité
Dans le 2ème cas, nous n'utiliserons pas de grille d'analyse de sites figée mais aborderons les points suivants :
Synthese : points forts et points faibles du site ou du blog
- les bonnes idées à développer
- les différenciations positives avec les sites concurrents
- les corrections à effectuer d'urgence
- les points de faiblesse stratégiques par rapport à la concurrence
Contenus et fonctionnalités
- adaptation à la cible
- style / ton employé
- qualité du contenu, exhaustivité
- impact et avantages des fonctionnalités utilisées
- crédibilité, identification du « diffuseur »
Ergonomie et navigation
- hiérarchisation de l’information
- mise en valeur de l’information la plus importante
- impact et qualité de la page d'accueil
Qualité éditoriale
- formatage et lisibilité.
- adaptation de l’écriture au web
Graphisme / Design
- qualité graphique générale
Référencement
- position dans GOOGLE sur une sélection de mots clés les plus intuitifs
Bien entendu, nous ferons preuve de la plus grande indépendance possible quant au contenu, idées, positions politiques de chaque site / blog.
17:45 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
06/04/2005
Les blogs au secours des élus locaux !
Depuis quelque temps, de plus en plus de conseillers municipaux ou de Maires Adjoints ouvrent leur propre blog. Pour eux, le blog leur permet de toucher directement les électeurs, contrairement aux outils traditionnels plus difficiles à maîtriser et accaparés par les "stars politiques"...
Se pose maintenant la question "à quoi vont véritablement servir les blogs de ces élus locaux?" et, plus encore, "qu'attendent les citoyens en les visitant?".
Dans une blogosphère toujours plus étendue, quelle va être la valeur ajoutée de l'un par rapport à l'autre?
Etudions les deux exemples suivants : d'un côté, le blog de Thierry Solere (Maire Adjoint UMP de Boulogne Billancourt); de l'autre, celui de Véronique Delvolvé (Maire Adjointe UMP de Paris 7).
Si les deux blogs ont une fraîcheur d'information très proche (1 post par jour en moyenne), les contenus diffèrent sensiblement et l'intérêt du blog en est influencé.
Thierry Solere multiplie les sujets directement liés à sa ville : la création d'une maison de l'adoption, un article sur la nouvelle piscine-patinoire ou encore les dernières mesures prises par la Mairie pour fluidifier l'accueil à La Poste de Boulogne-Billancourt.
L'approche de Véronique Delvolvé est différente. Des sujets comme la rivalité droite / gauche, le désir de l'UMP de dédier un lieu à Jean-Paul 2 à Paris ou encore son avis sur l'intérêt des français pour la politique y sont abordés.
=> A Paris, la relation de proximité se fait au travers du ton et de l'implication personnelle de l'auteur alors qu'à Boulogne, elle s'exprime en fonction des sujets proches de la cible.
La blogosphère explose, alors mesdames-messieurs les politiques, n'oubliez pas votre cible !. La communication interactive n'est pas si différente de la communication traditionnelle...
16:40 Publié dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (44) | Envoyer cette note




